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Comment se porte l’industrie de la construction en 2022?             

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La situation de la construction en Europe n’est pas étrangère aux chocs économiques et géopolitiques. Les problèmes d’approvisionnement en matériaux et la hausse progressive des prix de l’énergie ont également entraîné une augmentation sans précédent du prix des matériaux. De plus, l’invasion de l’Ukraine a encore aggravé la situation économique en Europe, avec de sérieuses inquiétudes sur ce qui se passera après l’été.

Les prévisions du rapport d’hiver d’Euroconstruct, dont les conclusions ont été publiées en novembre dernier, annonçaient un cycle de croissance prometteur pour la construction en Europe. Dans le contexte actuel, il est difficile de savoir avec certitude comment le marché de ce secteur se comportera dans les mois et les années à venir. Toutefois, les conclusions du rapport actuel ne sont pas pessimistes et une croissance soutenue est prévue pour les deux prochaines années, bien que peut-être plus lente que ce que l’on aurait pu prévoir il y a six mois. La réhabilitation et le génie civil sont les sous-secteurs les plus performants.

Hors UE comme le Canada, l’investissement concernant le secteur résidentiel, comme les condos neufs à vendre à Montréal, s’est élevé à plus de 46 milliards de dollars depuis le début de l’année.

Le secteur poursuit sa croissance en Europe, malgré les obstacles

Les conclusions du rapport d’été montrent que le secteur européen de la construction se débat depuis un an entre deux puissants courants de sens contraire. Grâce à la forte reprise économique et aux mesures de relance mobilisées, l’exercice 2021 se termine avec une production supérieure de 1% à celle de 2019. Toutefois, le secteur est confronté au grave problème de l’augmentation des coûts de construction, qui va maintenant se prolonger en raison de l’invasion de l’Ukraine. Euroconstruct estime que cette année, le secteur de la construction perdra 1,4 point de pourcentage de croissance par rapport aux prévisions précédentes, limitant les attentes pour 2022 à 2,3 %, en dessous de celles du PIB.

Si l’on considère les prévisions pour 2022 par pays, le rétablissement des niveaux pré-pandémiques sera acquis dans tous les marchés sauf cinq. La France fait partie de ce groupe où elle ne devrait pas terminer l’année en ayant atteint les niveaux de production de 2019. À l’autre extrême, trois pays (Danemark, Suède et Italie) prévoient de dépasser de plus de 10 % les niveaux de production antérieurs à la pandémie.

Les prévisions au niveau des pays pour 2023 ne sont pas très unanimes. Certains pays ont revu leurs attentes à la baisse par rapport au semestre dernier, tandis que d’autres ont fait le contraire, car ils sont convaincus qu’une partie de la production perdue cette année se matérialisera en 2023. Ce groupe plus optimiste comprend presque tous les grands marchés, portant la croissance globale à 2,3 %, ce qui correspond au taux de croissance de 2022.

Les nouvelles prévisions par sous-secteur présentent une particularité : si l’on considère la croissance moyenne attendue pour la période 2022-24, les différences ne sont pas très importantes. En effet, les nouveaux logements et la construction sur mesure dans les Laurentides par exemple, devraient croître de 1,5 % par an, les nouvelles constructions non résidentielles de 2 % et les rénovations de 1,9 %. Seul le génie civil a un horizon légèrement plus ambitieux, visant 2,7% par an. Toutefois, il est prématuré de conclure que tous les sous-secteurs sont dans une situation similaire. Le véritable facteur de différenciation est la façon dont ils ont réussi à résister à la tempête de 2020-21.

Construction en Europe par secteur

La construction résidentielle a fortement chuté en 2020, mais le rebond de 2021 a été suffisamment fort pour retrouver les niveaux de production de 2019 en un an seulement. Par conséquent, la croissance attendue à partir de 2022 a un impact sur un marché déjà pleinement rétabli. De plus, étant donné que les niveaux pré-pandémiques étaient particulièrement élevés et qu’il existe encore des signes de surchauffe immobilière dans bon nombre de capitales européennes, le marché immobilier se rapproche à nouveau de son plafond théorique. Les chiffres de croissance attendus sont donc modestes pour l’ensemble de l’Europe, ce qui n’exclut pas que des pays comme l’Irlande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni prévoient un comportement plus expansionniste.

La construction non résidentielle est dans une situation plus compromise, car non seulement elle a subi une contraction plus sévère en 2020, mais la réaction au cours de 2021 n’a été que testimoniale. Même si trois années consécutives de croissance sont réalisées conformément aux prévisions, le sous-secteur non résidentiel terminera toujours l’année 2024 en dessous du chiffre de production de 2019.